Fantômes derrière les barreaux
 QUEBEC

Récits et Légendes d'Halloween




Construite sur les plaines d'Abraham, la prison de Québec (1867-1967) a souvent été le lieu de mises à mort. La pendaison, par exemple est souvent fixée à 8 h du matin. Dans les heures qui précèdent, le condamné (homme ou femme) reçoit la visite de sa famille et d'un prêtre. Après son déjeuner, il assiste à une basse messe, puis sa toilette est effectuée par le bourreau. Un quart d'heure avant l'exécution, un drapeau noir est hissé au mât de la prison et les cloches de la ville sonnent le glas. Une centaine de personnes se rassemblent dans l'espace réservé aux témoins. Des milliers de curieux s'entassent dans les champs et dans les arbres autour de la prison.

L'échafaud, véritable scène, se dresse dans la cour des condamnés à mort. Un cercueil est déjà disposé en dessous. Le cortège se dirige vers l'échafaud. Il se compose, entre autres, du chapelain de la prison, qui récite les prières des agonisants, du prisonnier et du bourreau. Ce dernier, vêtu de noir, va et vient sur la plateforme. D'une main, il passe la corde autour du cou du détenu et, de l'autre, tient le mécanisme de la trappe. Son but est d'éviter le maximum de souffrances à la victime et, idéalement, de tuer sur le coup. Il actionne la trappe. Des mouvements saccadés du condamné prouvent que la mort est parfois lente. Un médecin surveille le pouls du pendu. Lorsqu'il n'y a plus de vie, le corps est placé dans le cercueil et remis à la famille lorsqu'elle le réclame. Exécuteurs, témoins et spectateurs quittent les lieux. Le criminel a expié sa faute devant les Hommes.

Selon la rumeur, des couloirs de la prison, aujourd'hui transformée en musée et en centre d'interprétation, seraient hantés : bruits suspects et objets qui se déplacent. Peut-être ces âmes cherchent-elles toujours le repos ?




Fantômes derrière les barreaux